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C'est joli de touche et d'esprit...


Verhaeren, Emile

De la Gandara peint avec un "faire" merveilleux...


Gregh, Fernand

Le peintre qui fit chanter ses barcarolles est un pianiste...


Proust, Marcel

Car il peint les mains comme personne…


Doucet, Jérôme

De La Gandara le peintre des suprêmes élégances de cette fin de siècle...


Flament, Albert

Il est certainement un des plus troublants portraitistes de ce temps...


Louis-Merlet, J.F.

On ne l'aura connu que beau, plein d'intelligence et de mystère...


Colette

Les succès du portraitiste ont fait tort au paysagiste qu'il était également...


Leclère, Tristan

Combien j'adore vos femmes, vous avez spiritualisé et mystérieusement étendu leur élégance par votre art, le transformant en rêve...


Samain, Albert

La Gandara excelle à reproduire par le pinceau les toilettes féminines...


Adam, Paul

Son pinceau est plein de vivacité, de nuances appropriées aux caractères de finesse...


Fouquier, Marcel

El cuadro titulado "Belleza a la moda", demuestra la madurez y calidad de este pintor...


Notice Musée du Prado

Antonio de La Gandara dessiné par André Rouveyre, gravures extraites de l'ouvrage Carcasses divines

It definitively added La Gandara's name to those of Vélasquez, Gainsborough, Whistler...


Domergue, Gabriel

Il raconte si bien avec des couleurs et des lignes, ce que j'essaie de peindre avec les mots...


Tinayre, Marcelle

Is one of the most sought after and most remarkable painters of contemporary womanhood...


Buffalo Fine Arts Academy, N.Y

Avec ses mises en toile singulières, l'imprévu de la pose des modèles et le mystère des harmonies..


Bénédite, Léonce

Ses portraits ont cette élégance hautaine et lointaine qui se retrouve dans les romans d'H. de Régnier...


Apollinaire, Guillaume

Gandara aims at subtler quality which pervades the thing seen, as fragrance clings around the flower...


Caffin, Charles. H

Certains dessins de La Gandara, ont un mystère qui se trouve aussi dans les crayons de Seurat...


Jullian, Philippe

En marge des courants historiques, un chroniqueur de son temps à travers des portraits idéalisés...


Lévesque, Jean-Jacques

Antonio de La Gandara dessiné par André Rouveyre, gravure extraite de l'ouvrage Carcasses divines à gauche

 

 

Antonio de La Gandara peint par son élève, le peintre américain Samuel Montgomery Roosevelt à droite

L'un des peintres recherchés et les plus typiques de la société parisienne à la fin du siècle dernier...


Larousse du XX° siècle

Un mélange de délicatesse, de fougue ont fait de lui un des artistes les plus représentatifs de la fin du XIX°..


Desbruères, Michel

C'est un art élégant, soigneux, et fort distingué. Il atteint cette année la perfection que son art peut donner...


Bidou, Henry

Influencé par Vélasquez et Whistler, il a été le peintre des élégantes raffinées de la société parisienne...


Mauclair, Camille

Il m'a envoyé un crayon que vous verrez chez moi et dont la philosophie m'a ému jusqu'aux larmes…


Lorrain, Jean

Il a signé des portraits célèbres, d'un art impressionnant, d'une élégance subtile et vraiment moderne...


Vauxcelles, Louis

C'est un art de névrosé, d'autant plus agaçant, qu'on est forcé d'y reconnaître de belles qualités d'exécution...


Belanger, Camille

Des figures songeuses et délicates, d'extraordinaires, d'insolites floraisons de velours, de nacre et d'or vieilli...


Album Mariani

Les portraits de M. de La Gandara ont un constant succès pour leur élégance si raffinée, presque perverse..


Alexandre, Arsène

De toute la hauteur d'une 'maestria raisonnée', clairvoyant et intangible, sûrs de son procédé comme on l'était autrefois...


Blanche, Jacques-Emile

Nul n'était plus désigné que lui pour présider cet aréopage de peintres, dont sera justiciable la mode de demain...


Rio, Armand

Le trait rapide d'un virtuose espagnol qui anime, comme chez les anglais, la grâce et l'élégance de ses modèles...


Schurr, Gérald

Mi-Greco, mi-Watteau, peintre de nos plus belles neurasthéniques, accueillant en grand d'Espagne toute la noblesse de Paris...


Conte, Arthur

De La Gandara has painted portraits of remarkable power, and his landscapes of the years gone by were exquisitely sensed...


Macfall, Haldane

Il excelle à traduire avec des lignes et des couleurs ce qu'il y a de plus affiné chez les parisiens et les parisiennes de ce temps...


Segard, Achille

Antonio de La Gandara dessiné par André Rouveyre, gravure extraite de l'ouvrage Carcasses divines à gauche

 

 

Antonio de La Gandara dessiné par le peintre autrichien Von Dohbloff à droite

Promis à l'une de ces rares et restreintes notoriétés qui valent mieux pour nous que la consécration des plus bruyantes gloires...


Mourey, Gabriel

Il échappe à la hantise du passé, se dégage du pastiche et se crée un style personnel grâce à la finesse et à la sincérité de sa perception...


Moreau-Vauthier, Charles

Vous qui savez donner à vos robes des plis recherchés et gracieux en vous asseyant sur le bord des chaises, précipitez-vous dans son atelier..


Frappa, Jean-José

Un charme irritant de son talent est de le voir s'accommoder si bien des mondanités où il évolue et en tirer la grâce mystérieuse qui n'est qu'à lui...


Chervet, Henri

L'impression dégagée est celle qu'on éprouve à l'audition d'une symphonie, pleine de mélodie, dont le rythme mélancolique trouble et émeut...


Journal des Artistes

Le duveté d'une peau de pêche, le grain doré d'une grappe de raisin, la chair d'un fruit coupé, le reflet d'un verre de vin sont pour l'œil subtil d'un Gandara une caresse d'un charme incomparable...


Klingsor, Tristan

M. de la Gándara, que ha impuesto tan vivos rasgos en sus retratos, sobre todo en los de las mujeres, en que la felinidad femenina está asida de tan personal manera, M. de la Gándara tiene aquí varias páginas fisonómicas comentadas con una seguridad de toques y una aristocracia de factura, que explican sea hoy, al mismo tiempo que uno de los preferidos de la aristocracia, uno de los más queridos de los artistas...


Dario, Rubén

Hommage posthume à Antonio de La Gandara

 

by William Ritter

Il n'y a plus aujourd'hui partout que douleur et angoisse sous les formes les plus noires. Atrocité‚ laideur et nouveauté‚ dans ces laideurs et atrocités c'est le pain quotidien.

L'enfer envahit la terre et s'enrichit de cercles nouveaux... Le moindre livre de soldat, une page la première venue de n'importe quel journal même de province nous les évoquent suffisamment et notre vie n'est plus qu'un continuel cauchemar.

Et cependant rien qui rende plus douloureusement, plus directement sensible à l'intellectuel l'horreur des temps que nous vivons, sinon cette indifférence avec laquelle assistent Paris, Vienne ou Rome, à la disparition d'êtres lumineux jadis entourés d'admiration et d'amour, et qui laissaient derrière eux, dans la paix d'autrefois, un sillage de beauté. Autrefois le navrement de ces morts était salutaire à nos âmes et fécond par l'exemple. Il comportait une telle consolation! On avait le droit de pleurer, la possibilité de se recueillir devant l'œuvre achevée, d'en méditer les enseignements, de contempler en son entier terrestre le jeu d'un caractère et d'une énergie.

Antonio de La Gandara est mort à Paris, dans son appartement de la rue Monsieur le Prince, sans trouver une seule revue d'art qui enregistre son décès et sans que je sois bien sûr que nos gazettes aient daigné‚ l'annoncer. Des revues d'art, il y en a bien encore quelques-unes, même en France; mais elles consacrent leurs numéros spéciaux aux saccages de la guerre… Si l'on veut réussir aujourd'hui, il n'y en a plus que pour la portée de Gauguin, Cézanne et Van Gogh.

La Gandara, artiste que l'on a qualifié de mondain parce qu'il fut peintre du grand monde, c'est vrai - mais il le fut de l'intellectuel peut-être tout autant - était en réalité un maître réfléchi, profond et silencieux dont l'art fait honneur à notre époque à la façon de celui des vraiment grands. Et il fait honneur encore à ses trois patries, car il était né à Paris, d'un père espagnol et d'une mère anglaise et chacun de ses portraits participe, aux modalités de la suprême élégance et du grand goût dans ces trois patries. Ses œuvres capitales, celles que l'on cite toujours, l'Homme à la canne (Robert de Montesquiou), Jean Moréas, André Rouveyre, Leconte de Lisle, Paul Verlaine, Jean Lorrain, la danseuse Ida Rubinstein, M. Escudier, le prince de Sagan, puis l'imposante série des plus belles mondaines, la comtesse Greffulhe, la princesse de Chimay, la comtesse de Montebello, Mme de Noailles, ne seraient point telles si le livre du chevet de ce véritable poète de la femme n'avait été Don Quichotte; s'il n'avait voulu demeurer toute sa vie fidèle à son quartier du Luxembourg où il avait fréquenté avec prédilection les meilleurs poètes de la fin du XIXème siècle et s'il n'avait associé à son goût de la bonne société, de la bonne tenue à l'anglaise, celui des maîtres portraitistes anglais de Reynolds à Sargent et à Whistler, que nous nous permettrons de compter pour tel, bien qu'américain.

Le grand charme personnel de La Gandara, tel que je l'ai connu l'hiver 1892-93, résidait avant tout en sa tranquille beauté de race, elle même faite d'un si heureux croisement de races; dans le calme et pour ainsi dire la chasteté de ses manières; dans cette distinction innée qui ne se permet ni un geste, ni un sourire, ni un mot de trop. Et encore et surtout, il faut y revenir dans ce calme souverain. Il fallait voir minauder devant lui cette grande coquette de Bojidar Karageorgévitch pour saisir la qualité de ce calme, l'intensité de ce silence, qui pourtant parlait - et avec grand charme - et n'affectait jamais d'être le silence. Ce bel artiste était lui-même tranquille comme un portrait de fils de grand d'Espagne. Lent et harmonieux de gestes et de proportions. Une régularité méridionale des traits, le teint mat et comme inaltérable - car cet homme savait n'avoir jamais à rougir, ni à se fâcher - avec de grands yeux où le bleu atteignait le maximum de profondeur, des yeux bleus qui étaient à d'autres yeux bleus ce que des yeux noirs sont à des yeux bruns. Une fine petite moustache noire avait la virginité et la douceur des sourcils droits. La profondeur de l'océan anglais était dans ces yeux; tout le reste appartenait à l'Espagne. Et l'aisance française accompagnait ce silence et cette réserve intelligente. Il avait tout ce qu'il eut fallu à un autre pour être hautain. Sa grande aristocratie consistait à être tout à fait dénué de cette hauteur. Il n'en inspirait que plus de respect à l'amitié. Et son amitié était sûre comme étaient ressemblants ses portraits. Il pensait bien, noblement et il se savait assez propre pour être tout à fait dépourvu de préjugés à l'égard des pires mauvaises réputations. Il était au-dessus de tous les qu'en dira-t-on. Fréquenter Verlaine semblait à ce seigneur, si jeune et si beau, au moins aussi honorable que de tracer d'un fusain qui n'avait pas besoin de recherches d'élégances, puisqu'il n'eut su faire autrement que d'être élégant le ruban de satin noir dont M. de Sagan attachait son lorgnon, 'sa gance'. Mon Dieu! L'accent de ces choses aujourd'hui!

Plus distant que Helleu, dépourvu de tout snobisme à la Jacques Emile Blanche, d'un autre raffinement que Lavery, dénué de la brutalité de Sargent mais avec des dons de mise en scène bien plus impressionnants et discrets, pénétrant parfois la psychologie de son modèle par irradiation divinatoire à la Carrière, inventeur de lignes rares à la Boldini, aussi perverses parfois, mais non rosses, impassiblement perverses quant à lui, La Gandara, mais parce qu'il les démêlait dans le caractère et l'allure du modèle; souvent parfait autant que Whistler dans l'ambiance et ce que j'appellerai la pudeur de la couleur, il fut certainement l'un des portraitistes dont le témoignage comptera le plus lorsqu'il s'agira, dans un siècle ou deux de se représenter l'allure, la manière d'être, le port de l'élite intellectuelle et sociale du Paris de la troisième République.

Et c'est ici qu'on pourra étudier le mérite de rester fidèle à celles-ci au moins des expresses conditions de l'art du portrait. D'abord faire ressemblant; démêler le caractère le plus secret, la dominante occulte si l'on veut de la ressemblance; faire ressemblant non point par la matière, mais par la ligne devenue expression de l'être. Il y a de grandes affinités entre la musique de Fauré et l'émotion contenue, la ligne révélatrice et voluptueusement, plastiquement psychologique de La Gandara. Tout est dit de ce qui est décisif; tout l'inutile, l'encombrant est rejet, non pas même après choix laborieux, mais par le libre jeu de distinction naturelle.

Que le modèle soit gras ou bourgeois comme Leconte de Lisle, débraillé comme Verlaine, adorablement svelte et élancé comme la comtesse Greffuhle, beauté élevée à son état de vertu presque surnaturelle, la distinction de la vision et de la main qui la traduit, restent la même. Si l'on comparaît le portrait de Leconte de Lisle par Blanche et celui de La Gandara, l'un n'était que le bibliothécaire du Luxembourg et l'autre le penseur impassible et parnassien. Et cependant - détail comique - M. Blanche avait exigé que le poète endossât une fourrure. Il ne s'y était prêté que malgré lui et vit au reste sa docilité récompensée par ce horion d'un journaliste du temps: 'Comme c'est bien là l'image de ce poète orgueilleux qui va jusques-à... porter des fourrures en été!' Devant le portrait de La Gandara on se disait simplement: voilà l'homme qui a écrit les Poèmes antiques.

M. de La Gandara savait rendre des points à Gainsborough et à Chardin tout à la fois. Il laisse des natures mortes, des éclairages de Paris nocturne, angles de Louvre sous la lumière électrique qui suffiraient à nous être garants de ses dons de peintre. Mais avoir vu et avoir aimé ces choses, c'est au moins aussi significatif que d'avoir été le seul portraitiste vraiment définitif du poète des Hortensias bleus et des Perles noires, et il l'est encore plus qu'il lui ait servi pour l'une et pour l'autre des deux faces de sa noble activité que l'autre eut existé... Il avait le goût de n'adjoindre à ses portraits qu'un ou deux détails, mais que ce détail fut exquis: une main sur une serrure et cette serrure, c'était tout le vieux Paris; un angle de moulure derrière une tête, mais cette moulure suffisait à restituer l'ambiance aristocratique du personnage (...)